L’épidémie de COVID-19 touche sévèrement l’économie depuis plus d’un an. Le secteur de l’accueil aux personnes âgées n’y échappe pas. ERA Group a mené une vaste enquête internationale auprès de 8 000 maisons de repos pour évaluer son impact et les mesures à prendre pour optimiser les coûts de ce secteur. Pascal Herroelen, Associé chez ERA et Responsable de la division Healthcare Solutions, en commente les résultats.

Les résidents et le personnel face à des défis herculéens

La crise liée à la COVID-19 a entraîné des défis inédits pour la direction et le personnel des maisons de repos, ainsi que pour les résidents et leurs familles. Lors de la première vague, les résidents, privés de contacts physiques et des visites de leurs proches, ont ressenti un grand isolement, qui a eu des incidences sur leur état physique général. Les équipes de soins, mobilisées pour faire face à ces circonstances extraordinaires, ont travaillé jour et nuit pour assurer la continuité de leurs activités dans les meilleures conditions possibles. L’épuisement qui en a découlé a mené à une recrudescence de l’absentéisme. Le contexte anxiogène, rythmé par le nombre accru de décès, a conduit à la création de cellules de soutien psychologique.

Un taux d’occupation en berne aggravé par le climat de défiance

Un taux d’occupation suffisamment élevé des lits est vital pour l’équilibre des maisons de repos. Suite à un nombre très élevé de décès lors de la première vague et aux communications négatives dans les médias qui ont engendré une baisse significative des nouveaux entrants, le taux d’occupation reste préoccupant.
« En dépit de circonstances incroyablement difficiles, la plupart des maisons de repos sont parvenues à contenir le virus grâce à un excellent management interne, au dévouement et au professionnalisme de leurs employés », souligne Pascal Herroelen, Associé chez ERA et Responsable de la division Healthcare Solutions.

L’inflation préoccupante des prix

La croissance brutale de la demande de dispositifs de protection individuels, de masques et de gels hydroalcooliques a entraîné une flambée des prix. À celle-ci se sont ajoutés une augmentation des coûts salariaux liés aux heures supplémentaires et des frais pour le recrutement de personnel intérimaire additionnel.
« L’ensemble des répondants s’accorde à désigner les équipements de protection comme principal vecteur de l’augmentation des prix. Pour 88% d’entre eux, ce sont les produits de nettoyage qui se sont avérés plus onéreux. Viennent ensuite les équipements médicaux (77%), la nourriture (68%), les salaires (48%) et les produits pharmaceutiques (45%) », complète Pascal Herroelen.

Un besoin édifiant de soutien financier

Dans tous les pays, le constat est sans équivoque : les prix ont augmenté de manière substantielle pour un certain nombre de produits et ils risquent de se maintenir à ce niveau. Le soutien des autorités s’avère insuffisant et parfois inefficace. La plupart des réponses recueillies dans les 14 pays interrogés (Allemagne, Belgique, Espagne, Finlande, France, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Royaume-Uni, Slovaquie) va dans le même sens. Tous ces éléments ont pesé sur l’organisation administrative et financière des maisons de repos lors de la première vague. Malgré les réactions positives et les mesures de soutien des gouvernements depuis l’été, ainsi que la campagne de vaccination opérée depuis le début de l’année 2021, la crise sanitaire a laissé des traces et en laissera encore pendant de nombreuses années.

Les maisons de repos doivent donc trouver de nouvelles sources de financement dans les meilleurs délais tout en assurant la continuité de la qualité de leurs services. Cette recherche urgente de nouveaux modes de financement est une préoccupation actuelle des maisons de repos interrogées, dont la direction doit repenser la gestion financière de manière pragmatique. « Plus que jamais, nous souhaitons être présents aux côtés des maisons de repos afin de leur apporter des solutions financières appropriées. Elles doivent utiliser leurs ressources pour traverser au mieux cette crise en se concentrant sur leur cœur de métier. Les équipes d’ERA Group mettent leur expertise financière et leur connaissance approfondie de ce secteur à leur disposition. Notre ambition est de leur offrir les moyens de sortir de cette crise, des propositions concrètes de nouvelles sources de financement et la clé de l’optimisation de leurs coûts », conclut Pascal Herroelen.